Capital humain

Un enjeu pour Montréal

Les indicateurs de cette section mesurent la disponibilité du capital humain de chacune des régions métropolitaines. Ces mesures sont axées sur la formation et l’éducation des citoyens.

Montréal se compare négativement aux autres villes pour ce qui est de la disponibilité de son capital humain.

La proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans est largement inférieure à la moyenne.

La proportion de personnes sans diplôme secondaire demeure inquiétante, malgré que Montréal se situe dans la moyenne à cet égard.

L’intégration des immigrants au marché du travail est problématique.

Proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans

Définition de l’indicateur

La proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans représente le pourcentage de la population détenant un diplôme de niveau baccalauréat ou plus par rapport à la population admissible. Les données recueillies proviennent de l’enquête nationale sur les ménages du Canada de 2011 et 2013 du sondage sur les collectivités américaines. Cet indicateur permet d’évaluer le niveau de formation des employés. On suppose qu’un employé plus diplômé sera plus productif.

Concernant la proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans, Montréal fait moins bonne figure que les autres villes analysées. Moins d’un tiers des Montréalais âgés de 25 à 64 ans détient un diplôme d’études supérieures. C’est cependant le cas de près de la moitié des résidents de Boston et de San Francisco, grâce à la présence de nombreuses institutions universitaires. Le lien entre la productivité moyenne et la proportion de diplômés universitaires dans la population est évident : plus une ville présente un fort taux de diplômés dans sa population en âge de travailler, plus la productivité de celle-ci est élevée.

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Rang nord-américain de Montréal

Proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans (Canada, 2011 et États‑Unis, 2013)

RangVilleTaux
15 Montréal 29,6
7 Toronto 36,8
13 Vancouver 34,1
1 Boston 48,2
6 Philadelphie 37,4
8 Pittsburgh 36,2
12 Charlotte 34,2
11 Saint-Louis 34,9
3 Minneapolis 41,6
4 Denver 41,1
14 Phoenix 29,7
9 Portland 36,1
5 Seattle 40,6
2 San Francisco 47,1
10 San Diego 35,0


Sources : Enquête nationale auprès des ménages (2011); American Community Survey 5-Year Estimates

Comparaison entre la proportion de personnes détenant un baccalauréat et plus dans la population des 25 à 64 ans et la productivtité en 2013

(en milliers $ CA de 2013 à parité des pouvoirs d’achat; en %)

Sources : Le Conference Board du Canada; Statistique Canada; Bureau of Economic Analysis; 2009-2013 American Community Survey 5-Year Estimates.

Le graphique illustre le niveau de productivité par rapport à la proportion de personnes de 25 à 64 ans qui détiennent un diplôme de baccalauréat ou plus dans la population. Il existe une concordance entre les deux mesures. Ainsi, une ville avec une grande proportion de diplômé, comme Boston et San Francisco, est aussi une ville avec une meilleure productivité.

La population plus jeune de la région métropolitaine de Montréal est-elle plus diplômée?

Quelle est la tendance dans la population des plus jeunes en ce qui concerne la proportion de diplômés détenant un baccalauréat ou plus? On entend fréquemment dire que Montréal accuse un retard de longue date en ce qui concerne la proportion de diplômés dans la population, mais que cet écart tend à être comblé par la diplomation des plus jeunes cohortes.

Si l’on examine la population des 25 à 34 ans, on constate en effet que la proportion de personnes possédant un baccalauréat ou d’autres diplômes d’études supérieures est plus grande. Montréal se classe alors relativement mieux à cet indicateur, passant du 14e au 11e rang.

Proportion de personnes détenant un diplôme de baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 34 ans (Canada, 2011 et États‑Unis, 2013)

Ville%
Boston 54,4
San Francisco 49,6
Minneapolis 43,7
Toronto 43,3
Pittsburgh 42,1
Denver 40,8
Vancouver 40,4
Seattle 40,0
Philadelphie 40,0
Saint-Louis 37,0
Montréal 36,6
Portland 35,3
San Diego 35,3
Charlotte 35,0
Phoenix 27,5


Sources : Enquête nationale auprès des ménages, 2011; American Community Survey 5-Year Estimates.

Proportion de la population de 25 à 44 ans sans diplôme secondaire

Définition de l’indicateur

La proportion de la population de 25 à 44 ans sans diplôme secondaire correspond au rapport entre la population âgée de 25 à 44 ans sans diplôme et la population générale de 25 à 44 ans. Les données retenues proviennent de l’enquête nationale sur les ménages du Canada de 2011 et 2013 du sondage sur les collectivités américaines. Dans le cas de Montréal, le taux y est sous-estimé, car la durée des études secondaires est plus courte d’un an comparativement aux autres villes nord-américaines.

Ce taux permet d’appréhender autrement le niveau de diplomation et, par conséquent, de déterminer en partie les qualifications de la main-d’œuvre d’une ville. Il est souhaitable, peu importe la structure industrielle, que la population soit éduquée. Mais cela vaut davantage pour une économie du savoir comme l’est la région métropolitaine de Montréal. Le décrochage scolaire peut en effet avoir plusieurs conséquences négatives : une diminution de la capacité de participer à l’économie, une plus faible participation à la vie civique, des problèmes de santé, et un taux de criminalité plus élevé, pour ne nommer que ceux-là.

Le taux de décrochage montréalais demeure élevé, bien qu’il ne soit pas le plus élevé en Amérique du Nord. Ce taux a des conséquences économiques inquiétantes : manque de formation de la main-d’œuvre et impact sur la productivité.

L’IdQ est d’avis que cette observation dépasse le cadre de ce présent rapport et demande une réflexion plus poussée.

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Rang nord-américain de Montréal

Proportion des personnes sans diplôme d’études secondaires dans la population des 25 à 44 ans (Canada, 2011 et États-Unis, 2013)

RangVilleTaux
9 Montréal 9,1
4 Toronto 6,8
2 Vancouver 5,9
3 Boston 6,0
8 Philadelphie 8,4
1 Pittsburgh 4,6
13 Charlotte 12,0
5 Saint-Louis 6,9
6 Minneapolis 6,9
12 Denver 10,3
15 Phoenix 15,1
10 Portland 9,3
7 Seattle 8,3
11 San Francisco 10,3
14 San Diego 13,6


Note : Dans le reste du Canada et aux États-Unis, les études secondaires durent un an de plus qu’à Montréal. Ainsi, le taux montréalais est sous-estimé dans ce graphique. Sources : Enquête nationale auprès des ménages, 2011; 2009-2013 American Community Survey 5-Year Estimates.

Immigration internationale nette

Définition de l’indicateur

Cet indicateur correspond à la part de la population issue de l’immigration internationale nette (nombre d’arrivées internationales moins le nombre de départs) au cours de la dernière année. Les données datent de 2014. Cet indicateur révèle la proportion d’arrivants récents par rapport à la population globale, dont le nombre a un impact sur le niveau de population et le bassin potentiel de main-d’oeuvre.

Dans un contexte de vieillissement de la population où de plus en plus de personnes quittent le marché du travail, la population nette qui provient de l’immigration permet d’augmenter la population active. Plus cette proportion est élevée, plus la disponibilité du capital humain sera grande.

À cet égard, on remarque que les trois villes canadiennes dépassent largement les villes américaines. Quelque 1,1 % de la population totale de la région du Grand Toronto est composée de nouveaux arrivants ayant immigré au Canada l’an passé seulement. Aux deuxième et troisième rangs, on retrouve Vancouver et Montréal, avec 0,9 % de nouveaux arrivants chacun. La différence est notable : l’immigration contribue 7,8 fois plus à l’accroissement de la population de Toronto qu’à celle de Pittsburgh.

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Rang nord-américain de Montréal

Note : Il est à noter, à juste titre, que les trois villes canadiennes incluses dans ce rapport représentent les portes d’entrée traditionnelles des immigrants au Canada. Aux États-Unis, les principales portes d’entrée des immigrants sont les mégapoles de New York, Los Angeles et Chicago. Les trois villes canadiennes reçoivent actuellement un plus grand nombre d’immigrants que ces trois villes, toutes proportions gardées.  Sources : Enquête nationale auprès des ménages, 2011; 2009-2013 American Community Survey 5-Year Estimates.

Intégration des immigrants au marché du travail

Définition de l’indicateur

Cet indicateur correspond au taux de chômage des immigrants divisé par le taux de chômage des non-immigrants. Un indice de 1 signifie que les taux de chômage sont comparables. Les données datent de 2014 pour le Canada et de 2013 pour les villes américaines.

Plus le taux de chômage des immigrants est semblable à celui des nonimmigrants, plus on suppose que l’intégration au marché du travail des immigrants se fait rapidement. Une intégration rapide des nouveaux arrivants permet à la ville d’accueil de bénéficier plus rapidement des impacts économiques positifs de l’immigration.

En matière d’intégration des immigrants au marché du travail, Montréal sous-performe de façon inquiétante. En 2014, le taux de chômage des personnes nées au Canada était de 7 %, alors qu’il était de 11,4 % pour les immigrants. Malgré la solide performance des villes canadiennes pour ce qui est de l’accueil d’immigrants internationaux en proportion de leur population, l’intégration de ceux-ci au marché du travail est faible.

Le taux de chômage des immigrants tend toutefois à diminuer avec le temps. Le rendement de Montréal à cet indicateur est en effet comparable à celui des autres villes canadiennes si l’on considère les immigrants établis depuis plusieurs années.

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Rang nord-américain de Montréal

Taux de chômage des immigrants divisé par le taux de chômage de ceux nés au pays (Canada, 2011 et États-Unis, 2013)

RangVilleRatio
15 Montréal 1,8
11 Toronto 1,1
13 Vancouver 1,1
12 Boston 1,1
7 Philadelphie 0,9
1 Pittsburgh 0,8
8 Charlotte 0,9
5 Saint-Louis 0,9
14 Minneapolis 1,5
3 Denver 0,9
3 Phoenix 0,9
10 Portland 1,0
9 Seattle 1,0
2 San Francisco 0,8
6 San Diego 0,9


Note : Un ratio de 1 indique que le taux de chômage est similaire pour les deux groupes. Sources : Statistique Canada; 2009-2013 American Community Survey 5-Year Estimates.

Source : Statistique Canada.

Montréal a un sérieux défi à relever en matière de capital humain

Selon les données, Montréal affiche un moins bon rendement que les autres villes quant à la disponibilité du capital humain. Seules Charlotte et Phoenix ont plus de difficultés que Montréal dans cette catégorie. Pour bon nombre d’indicateurs, la métropole du Québec arrive loin derrière les premières villes nord-américaines que sont Boston et San Francisco.

Classement des villes selon les indicateurs de la catégorie « capital humain » 2015

RangVilleCapital humainProportion de la population des 25 à 64 ans qui a un baccalauréat ou plusProportion des 25 à 44 ans sans diplôme d’études secondairesImmigration internationale netteIntégration des immigrants au marché du travail
1 San Francisco 19 2 11 4 2
2 Boston 21 1 3 5 12
3 Toronto 23 7 4 1 11
4 Pittsburgh 25 8 1 15 1
5 Seattle 27 5 7 6 9
6 Vancouver 30 13 2 2 13
6 Philadelphie 30 6 8 9 7
8 Minneapolis 31 3 6 8 14
9 Denver 32 4 12 13 3
10 Saint-Louis 35 11 5 14 5
11 San Diego 37 10 14 7 6
12 Portland 39 9 10 10 10
13 Montréal 42 15 9 3 15
13 Phoenix 42 14 15 10 3
15 Charlotte 43 12 13 10 8


Source : Institut du Québec.

La proportion de personnes détenant un baccalauréat ou d’autres diplômes d’études supérieures dans la population des 25 à 64 ans est sous la moyenne. Certes, Montréal fait actuellement mieux pour ce qui est de la proportion de personnes ayant un baccalauréat ou plus dans les cohortes plus jeunes. Cependant, elle ne pourra rattraper les villes qui trônent au sommet du classement ou celles en milieu de peloton, dont Philadelphie et Pittsburgh, que si elle accélère la cadence en termes de nombre de diplômés. À ce titre, la proportion de personnes sans diplôme secondaire demeure inquiétante, bien que Montréal se situe dans la moyenne à cet égard. L’intégration des immigrants au marché du travail est extrêmement problématique.