Capital humain

Un enjeu pour Montréal

Pour ce qui est du développement de son capital humain, Montréal demeure au 13e rang. Les changements sont mineurs à cet égard, vu que la plupart des données pour les villes canadiennes datent encore du recensement de 2011 – comme lors du tableau de bord 2015.

Selon l’analyse des plus récentes données provinciales, la situation de Montréal se serait par ailleurs améliorée depuis 2011 quant à la proportion de la population des 25 à 34 ans détenant un baccalauréat. Le décrochage scolaire y demeure toutefois problématique.

Montréal semble mieux s’en tirer que ses pairs quant à sa capacité d’attirer et de retenir les immigrants.

Il reste qu’elle doit s’efforcer de mieux les intégrer en emploi, ce qu’elle fait actuellement moins bien que d’autres villes canadiennes ou américaines analysées. L’étude sur l’immigration en 2016, intitulée Comparer Montréal : le paradoxe de l’immigration montréalaise, se penche sur cet aspect.

Proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans

Définition de l’indicateur

La proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans représente le pourcentage de la population détenant un diplôme de niveau baccalauréat ou plus par rapport à la population admissible. Les données recueillies proviennent de l’enquête nationale sur les ménages du Canada de 2011 et 2015 du sondage sur les collectivités américaines. Cet indicateur permet d’évaluer le niveau de formation des employés. On suppose qu’un employé plus diplômé sera plus productif.

Proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 25 à 64 ans

RangVille%
1 Boston 49,1
2 San Francisco 49,1
3 Denver 42,8
4 Minneapolis 42,4
5 Seattle 42,3
6 Portland 38,8
7 Philadelphie 38,3
8 San Diego 37,8
9 Pittsburgh 37,0
10 Toronto 36,8
11 Charlotte 35,5
12 Saint-Louis 34,7
13 Vancouver 34,1
14 Montréal 29,6
15 Phoenix 29,5


Sources : Enquête nationale auprès des ménages (2011); American Community Survey 5-Year Estimates

Le médiocre résultat de Montréal à ce sous-indicateur n’a pas changé depuis un an. Comme en 2015, Montréal occupe en 2016 l’avant dernière place dans le classement nord-américain en ce qui a trait à la proportion de personnes détenant un baccalauréat ou plus dans la population des 24 à 64 ans.

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Rang nord-américain de Montréal

Proportion de la population de 25 à 44 ans sans diplôme secondaire

Définition de l’indicateur

La proportion de la population de 25 à 44 ans sans diplôme secondaire correspond au rapport entre la population âgée de 25 à 44 ans sans diplôme et la population générale de 25 à 44 ans. Les données retenues proviennent de l’enquête nationale sur les ménages du Canada de 2011 et 2015 du sondage sur les collectivités américaines. Dans le cas de Montréal, le taux y est sous-estimé, car la durée des études secondaires est plus courte d’un an comparativement aux autres villes nord-américaines.

Ce taux permet d’appréhender autrement le niveau de diplomation et, par conséquent, de déterminer en partie les qualifications de la main-d’œuvre d’une ville. Il est souhaitable, peu importe la structure industrielle, que la population soit éduquée. Mais cela vaut davantage pour une économie du savoir comme l’est la région métropolitaine de Montréal. Le décrochage scolaire peut en effet avoir plusieurs conséquences négatives : une diminution de la capacité de participer à l’économie, une plus faible participation à la vie civique, des problèmes de santé, et un taux de criminalité plus élevé, pour ne nommer que ceux-là.

Note : Dans le reste du Canada et aux États-Unis, les études secondaires durent un an de plus qu’à Montréal. Ainsi, le taux montréalais est sous-estimé dans ce graphique. Sources : Enquête nationale auprès des ménages, 2011; 2009-2013 American Community Survey 5-Year Estimates.

Au sous-indicateur de la proportion de la population de 25 à 44 ans ne possédant pas de diplôme d’études secondaires, Montréal se situe encore au bas du classement en 2016 : la métropole arrive en 11e position, soit deux niveaux de moins qu’en 2015, alors qu’elle occupait la 9e place. Il faut spécifier que ce glissement s’explique entièrement par le manque de nouvelles données pour la métropole québécoise. Lorsque des données plus récentes sur les RMR canadiennes seront disponibles, la proportion de la population des 25 à 44 ans sans diplôme d’études secondaires devrait baisser, conformément à l’évolution des données provinciales présentées par Statistique Canada depuis 2011.

Denver, qui est passé sous la barre des 10 % à ce sous-indicateur, dépasse maintenant de justesse Montréal avec 9 % de sa population de 25 à 44 ans sans diplôme d’études secondaires. Portland obtient un rendement semblable à celui de Denver, ayant connu une certaine amélioration à ce chapitre depuis les données publiées l’an dernier.

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Rang nord-américain de Montréal

Immigration internationale nette

Définition de l’indicateur

Cet indicateur correspond à la part de la population issue de l’immigration internationale nette (nombre d’arrivées internationales moins le nombre de départs) au cours de la dernière année. Les données datent de 2015. Cet indicateur révèle la proportion d’arrivants récents par rapport à la population globale, dont le nombre a un impact sur le niveau de population et le bassin potentiel de main-d’oeuvre.

Dans un contexte de vieillissement de la population où de plus en plus de personnes quittent le marché du travail, la population nette qui provient de l’immigration permet d’augmenter la population active. Plus cette proportion est élevée, plus la disponibilité du capital humain sera grande.

Note : Il est à noter, à juste titre, que les trois villes canadiennes incluses dans ce rapport représentent les portes d’entrée traditionnelles des immigrants au Canada. Aux États-Unis, les principales portes d’entrée des immigrants sont les mégapoles de New York, Los Angeles et Chicago. Les trois villes canadiennes reçoivent actuellement un plus grand nombre d’immigrants que ces trois villes, toutes proportions gardées.  Sources : Statistique Canada; American Community Survey.

Au sous-indicateur de l’immigration internationale nette, Montréal gagne du terrain. La part de la population issue de l’immigration internationale nette (le nombre d’arrivées internationales moins le nombre de départs) dans la métropole québécoise passe de +0,89 % à +0,76 %, ce qui la situe au 2e rang en 2016, contre une 3e place en 2015. Malgré un ralentissement de la croissance, elle grimpe d’un niveau, car son rendement s’améliore par rapport aux autres villes. Il faut toutefois mentionner que la performance de Vancouver à ce chapitre s’est considérablement dégradée, possiblement en raison de l’érosion de l’abordabilité des logements dans la région.

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Rang nord-américain de Montréal

Intégration des immigrants au marché du travail

Définition de l’indicateur

Cet indicateur correspond au taux de chômage des immigrants divisé par le taux de chômage des non-immigrants. Un indice de 1 signifie que les taux de chômage sont comparables. Les données datent de 2015.

Plus le taux de chômage des immigrants est semblable à celui des nonimmigrants, plus on suppose que l’intégration au marché du travail des immigrants se fait rapidement. Une intégration rapide des nouveaux arrivants permet à la ville d’accueil de bénéficier plus rapidement des impacts économiques positifs de l’immigration.

Note : Un ratio de 1 indique que le taux de chômage est similaire pour les deux groupes. Sources : Statistique Canada; American Community Survey 5-Year Estimates.

La performance de Montréal ne s’améliore guère au chapitre de l’intégration des immigrants au marché du travail, qui se mesure par le taux de chômage des immigrants divisé par le taux de chômage des non-immigrants. Montréal passe en effet d’un ratio de 1,63 à 1,5 à cet égard. Malgré cette amélioration en 2016, la métropole se classe toujours en fin de liste, tout comme en 2015, en raison de l’importance de l’écart qui existe avec les autres villes.

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Rang nord-américain de Montréal

Classement pour la catégorie Capital Humain

RangVilleScoreProportion de la population des 25 à 64 ans qui a un baccalauréat ou plusProportion des 25 à 44 ans sans diplôme d’études secondairesImmigration internationale netteIntégration des immigrants au marché du travail
1 Boston 19 1 3 3 12
2 Seattle 23 5 6 6 6
3 San Francisco 24 2 12 4 6
4 Toronto 27 10 5 1 11
5 Portland 29 6 10 12 1
6 Pittsburgh 30 9 1 15 5
6 Denver 30 3 9 10 8
8 Minneapolis 31 4 4 9 14
9 Vancouver 32 13 2 4 13
9 Philadelphie 32 7 8 8 9
11 San Diego 33 8 14 7 4
12 Saint-Louis 36 12 7 14 3
13 Montréal 42 14 11 2 15
13 Phoenix 42 15 15 10 2
15 Charlotte 47 11 13 13 10


Source : Institut du Québec.

Capital humain : un défi à relever pour Montréal
Pour ce qui est du développement du capital humain, le résultat de Montréal au classement reste pratiquement inchangé, la métropole québécoise demeurant au 13e rang des villes nord-américaines. Cette situation est attribuable au fait que les données sur la diplomation des villes canadiennes datent encore du recensement de 2011.

Selon les données provinciales les plus récentes, la situation de Montréal se serait par ailleurs améliorée depuis 2011 quant à la proportion des 25 à 34 ans détenant un baccalauréat. Le décrochage scolaire y demeure toutefois problématique.

Point positif, la deuxième position de Montréal en ce qui concerne l’immigration internationale nette indique que sa capacité d’attirer les immigrants est bonne comparativement aux autres villes du classement. Cet atout est toutefois tempéré par un bémol : Montréal semble incapable de les intégrer au marché du travail. C’est dans la métropole québécoise que l’écart de taux de chômage des immigrants et des non-immigrants est le plus important. L’étude sur l’immigration en 2016, intitulée  Comparer Montréal : le paradoxe de l’immigration montréalaise, tente de déterminer les causes de cet écart et de proposer des pistes d’action.