Innovation

Bon potentiel, mais minces résultats

En matière d’innovation, la performance de Montréal est acceptable, mais d’importants progrès doivent être accomplis : elle progresse d’un rang pour s’établir en 10e position parmi les 14 autres villes nord-américaines.

La capacité d’innover de Montréal est relativement bonne, mais elle a de la difficulté à traduire ce potentiel en innovations : elle se classe légèrement au-dessus de la médiane en ce qui concerne la main-d’oeuvre oeuvrant dans les secteurs d’avenir, mais elle se situe dans le dernier tiers du classement pour le nombre de diplômés en sciences, technologies, génie et mathématiques (STGM) et la disponibilité du capital de risque.

La métropole québécoise a du mal à faire reconnaître ses innovations. Le nombre de brevets par habitant y est le moins élevé parmi les villes comparées.

Main-d’oeuvre oeuvrant dans les secteurs d’avenir

Définition de l’indicateur

Cet indicateur indique la proportion de la main-d’oeuvre de chaque ville qui travaille dans les domaines suivants : produits chimiques, production d’équipements de télécommunications, production de composantes électroniques ou de composantes magnétiques, aérospatial, équipements médicaux, produits pharmaceutiques ou cosmétiques, conception de logiciels, télécommunications, conception de systèmes informatiques, laboratoires médicaux et recherche scientifique. Les données datent de 2015. Plus le taux de main-d’oeuvre occupant des emplois dans des secteurs d’avenir est élevé, plus on suppose qu’une ville a une grande capacité d’innovation.

Notes : 1) Provinces correspondantes pour le Canada. Les types d’emplois incluent entre autres : conception de systèmes informatiques, fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, télécommunications, fabrication de produits chimiques, services de recherche et de développement scientifiques, grossistes-marchands de produits pharmaceutiques, d’articles de toilette, de cosmétiques et d’articles divers.  2) Donnée non disponible pour Phoenix.  Sources : Statistique Canada; Bureau of Labor Statistics.

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Montréal recule de deux niveaux en ce qui concerne la main-d’oeuvre oeuvrant dans les secteurs d’avenir passant de la 4e à la 6e position. La proportion de la main d’oeuvre qui travaille dans les domaines d’avenir s’améliore très légèrement montant de 4,8 % en 2015 à 4,9 % en 2016. Le repli de Montréal à ce chapitre est dû à une progression plus marquée des résultats de Boston et Toronto à ce sous-indicateur.

Nombres d’ententes en matière de capital de risque par année

Définition de l’indicateur

Cet indicateur calcule le nombre moyen d’ententes signées en matière de capital de risque par ville étudiée entre 2013 et 2015. Le capital de risque est lié à des investissements comportant une plus grande part d’incertitude, donc à des possibilités d’innovation. Plus ce nombre d’ententes est élevé, plus le nombre d’innovations finançables est grand.

Source : Thomson Reuters.

À ce sous-indicateur, Montréal enregistre une faible avancée, mais demeure dans la moyenne des 14 villes nord-américaines analysées, se situant en 8e place du classement en 2016, contre la 9e position en 2015. En passant de 100 à 119 ententes liées à des investissements en capital de risque sur deux ans, Montréal devance Denver et grimpe d’un niveau pour s’établir juste derrière Toronto.

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Rang nord-américain de Montréal

Taille des ententes de capital de risque

Définition de l’indicateur

Cet indicateur représente la valeur moyenne en capitaux propres investis dans les ententes en matière de capital de risque. Fournies par Thomson Reuters, les données retenues correspondent à la moyenne enregistrée de 2013 à 2015. Liée au nombre d’ententes signées en matière de capital de risque, cette mesure permet de comprendre l’ampleur des projets concernés. Au-delà du nombre d’ententes signées, l’envergure de celles-ci est une mesure, non précise, de la qualité perçue de l’innovation et de sa capacité à générer de la valeur.

Note : La valeur des ententes de l’année 2o13 pour Pittsburgh n’est pas incluse, car une transaction d’une importance disproportionnée masque le portrait habituel de ces deux villes à ces moments précis.  Source : Thomson Reuters.

Montréal avance d’un cran au classement pour ce qui est de la taille des ententes de capital de risque. Elle grimpe donc du 14e rang en 2015 au 13e en 2016. La valeur moyenne des ententes conclues dans la métropole québécoise passe ainsi de 3,8 M$ à 4,3 M$.

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Rang nord-américain de Montréal

Brevets

Définition de l’indicateur

Cet indicateur représente le nombre de brevets par 100 000 habitants pour chacune des villes étudiées1. Le nombre de brevets par 100 000 habitants permet de mesurer les innovations concrètes puisqu’elles sont vérifiées par les bureaux d’enregistrement des brevets chargés de les approuver. Bien qu’imparfaite, cette mesure permet d’uniformiser le nombre d’innovations entre les villes. Les données datent de 2012 pour le Canada et de 2015 pour les États-Unis.

Sources : Institut de la Statistique du Québec; United States Patent and Trademark Office.

En matière de brevets, la performance de Montréal laisse encore à désirer, mais la ville avance d’un rang en 2016, passant de la 15e place en 2015 à la 14e en 2016. Charlotte est passée du 14e au 15e rang, permettant à Montréal de grimper d’un échelon. Toronto et Vancouver se classent ex aequo au 11e rang, à 30 brevets par 100 000 habitants, soit 50 % de plus que la proportion observée à Montréal.

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Rang nord-américain de Montréal

Nombre de diplômés en sciences, technologies, génie et mathématiques par 100 000 habitants (STGM)

Définition de l’indicateur

Un diplômé STEM est un diplômé en sciences, technologies, génie et mathématiques. L’indicateur calcule le nombre de ces diplômés par 100 000 habitants. Les données datent de 2011 pour le Canada et de 2015 pour les États-Unis.

Sources : Enquête nationale auprès des ménages de 2011; American Community Survey.

Montréal recule d’un niveau au classement pour ce qui est du nombre de diplômés en STGM. Elle passe ainsi de la 9e position en 2015 à la 10e en 2016, alors que Portland bondit du 11e au 6e rang.

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Rang nord-américain de Montréal

Classement pour la catégorie Innovation 2016

RangVilleInnovationMain-d’œuvre dans les secteurs d’avenirDegré d’activités d’investissement en innovationDisponibilité du capital de risqueNombre de brevetsNombre de personnes ayant un diplôme en sciences, technologies, génie ou mathématiques (STGM)
1 San Francisco 6 2 1 1 1 1
2 Boston 15 4 2 3 3 3
3 Seattle 16 1 4 5 4 2
4 San Diego 18 3 5 4 2 4
5 Denver 29 6 9 2 7 5
6 Minneapolis 41 9 10 8 5 9
7 Toronto 42 5 7 12 11 7
8 Portland 45 10 12 11 6 6
9 Pittsburgh 48 11 6 10 10 11
10 Montréal 51 6 8 13 14 10
10 Philadelphie 51 14 3 14 8 12
12 Vancouver 52 11 13 9 11 8
13 Phoenix 55 11 14 6 9 15
14 Saint-Louis 61 8 11 15 13 14
15 Charlotte 65 15 15 7 15 13


Source : Institut du Québec.

Innovation : bon potentiel, minces résultats
À l’instar de l’an dernier, Montréal obtient des résultats acceptables en matière d’innovation, mais en deçà de son potentiel. Elle s’améliore légèrement, passant en 10e place comparativement aux 14 autres villes nord-américaines. Selon les indicateurs retenus, Montréal obtient des résultats légèrement sous la médiane en ce qui concerne le nombre de diplômés en STGM. Le capital de risque y est également disponible en regard du nombre d’ententes réalisées.

Mais la métropole québécoise éprouve beaucoup de difficulté à faire reconnaître ses innovations. Ses minces progrès au classement pour ce qui est du nombre de brevets et du capital de risque compensent sa légère détérioration sur le plan de la main-d’oeuvre oeuvrant dans les secteurs d’avenir et la proportion de diplômés en STGM.

Avec plusieurs universités de classe mondiale, des chercheurs prolifiques et plusieurs grappes industrielles bien implantées, la 10e place de Montréal n’est toujours pas à la hauteur des attentes.